La condescendance des Français...

La condescendance des Français...
L'Esprit d'Escalier, épisode 3
La condescendance des Français...
par Mona Chollet

Aujourd'hui, c'est ma troisième chronique, et je me rends compte que le fait de parler plutôt que d'écrire, ça met en jeu des choses vraiment différentes. C'est une expérience assez nouvelle pour moi, parce que jusqu'ici, j'avais plus l'habitude du journalisme écrit...

Et je me demande si, pour l'expression orale, je n'aurais pas un handicap de départ du fait que je ne suis pas française. Parce que ça ne s'entend pas forcément au premier abord, mais je ne suis pas française : je suis suisse. Alors déjà, vous remarquerez qu'on n'a aucune chance de bien parler quand on doit commencer par prononcer une phrase pareille : « je suis-suisse »... Ce n'est même pas une nationalité, c'est un bizutage permanent.

Mais plus largement, il y a une chose que tous les Suisses romands savent bien, et qui les bluffe complètement, d'ailleurs, c'est que les Français parlent mieux qu'eux. Vous prenez n'importe quel Français, quel que soit son âge, sa profession, sa classe sociale, vous lui collez un micro sous le nez, il vous fait un discours clair, intelligible, fougueux, convaincant, souvent spirituel, par-dessus le marché...

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Vous faites la même chose avec un Suisse romand, il va hésiter, bredouiller, chercher ses mots... Et même s'il arrive à parler clairement, le plus souvent, ça restera un discours assez plat, sans aucun humour.

Evidemment, je ne suis pas la première à faire cette remarque. Quand je venais tout juste d'arriver à Paris, et que je me sentais un peu perdue, je relisais le livre de Ramuz, l'écrivain suisse, sur les douze années qu'il a passées à Paris, au début du siècle dernier. C'est un très beau livre, qui s'appelle Paris, notes d'un Vaudois. Lui aussi était complètement terrifié par l'éloquence des Parisiens - et notamment par le bagout de sa concierge, qui lui tenait la jambe dans l'escalier et qui lui donnait des complexes atroces.

Mais ce qui est intéressant, surtout, c'est la façon dont il expliquait les problèmes d'élocution des Suisses romands. Il disait, en substance : quand on parle français et qu'on est suisse, on est nourri par toute une culture qui fait référence à un territoire qui n'est pas le nôtre, et à une Histoire qui n'est pas la nôtre. Un Français qui lit Balzac, Hugo, Zola, Flaubert, il peut toujours se situer par rapport à ce qui est raconté : s'il est parisien, le cadre de sa vie quotidienne est le même que celui de ses lectures ; s'il habite en province, ça lui renvoie peut-être une image moins flatteuse, mais au moins, la province, c'est encore un lieu identifié : c'est sur la carte. Alors qu'un Suisse romand, lui, ne peut jamais se situer sur la carte, et ça fait qu'il ne sait pas très bien qui il est. Ramuz écrivait qu'il doutait à la fois de ce qu'il voulait dire et de ce qu'il était, « car, je cite, les deux choses n'en sont qu'une et on ne sait pas ce qu'on va dire quand on ne sait pas ce qu'on est ».

Pour un Suisse romand, il y a quelque chose de très mystérieux et de très enviable dans l'assurance et dans la spontanéité des Français. C'est même la principale leçon que Ramuz avait retenue de son séjour à Paris : il disait que ça lui avait appris à assumer ce qu'il était. Après douze ans, il était retourné en Suisse, et il était devenu un écrivain résolument vaudois, en même temps qu'un écrivain universel.

Mais aujourd'hui, dans le contexte actuel, je ne sais pas si on peut encore tirer les mêmes conclusions qu'à son époque. Je me demande si les Français ne commencent pas à être un peu trop sûrs d'eux-mêmes. Ce qui me frappe, moi, c'est leur vision condescendante de toutes les autres cultures de la planète. C'est le fait qu'ils ne peuvent s'intéresser aux étrangers que quand ceux-ci clament leur amour de la culture française et répètent partout qu'ils lui doivent tout, qu'elle les a sauvés, là-bas, dans leur pays de sauvages...

C'est leur tendance à se gargariser de leurs grands et beaux principes, et de considérer que le fait de les avoir formulés les dispense de les appliquer, en quelque sorte. Ou même, plus inquiétant, c'est leur manière de déguiser leur chauvinisme et leur peur de l'autre en défense de valeurs universelles. C'est quelque chose que j'ai beaucoup de mal à comprendre, parce que, quand on vient d'un pays dont les principales contributions au progrès de l'humanité sont le secret bancaire et le couteau multilames, je vous assure que ça invite à l'humilité.

En fait, les jours où j'ai la folie des grandeurs, ce qui m'arrive quand même assez souvent, je crois que mon rêve, ce serait de rassembler tous mes compatriotes exilés en France, et que, ensemble, on apprenne aux Français à bégayer.

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# Posté le mardi 18 avril 2006 17:28

Modifié le mardi 18 avril 2006 17:47

mobing ou comment se faire harceler dans une entreprise

mobing ou comment se faire harceler dans une entreprise
A méditer quand meme:

www.arteradio.com/

archives

monnat chollet 17 :tester la longueur de la chaine

# Posté le lundi 13 mars 2006 04:37

Modifié le mardi 22 mai 2007 10:41

les bienfaits de la colonisation

les bienfaits de la colonisation
tres beaux articles à lire :

http://www.vox-populi.net/article.php3?id_article=99

et:

Colonialisme
L'Esprit d'Escalier de Mona Chollet, ép. 12

Je ne sais pas au juste dans quelle émission c'était, parce que je l'ai attrapé au vol dans le « Zapping » de Canal Plus. C'était en janvier, dans un talk-show politique du genre « Mots croisés » d'Arlette Chabot, sur France 2, juste après le tsunami. Un type intervenait en duplex, je ne sais même pas qui c'était, c'est vraiment de l'amateurisme total, cette chronique, et il reprochait aux invités sur le plateau d'avoir une attitude « colonialiste ».

J'imagine qu'ils avaient dû s'indigner parce que l'Inde refusait l'aide étrangère. Et alors là, à partir du moment où le mot « colonialiste » était lâché... Il y a des mots, comme ça, qu'il suffit de prononcer pour avoir instantanément l'air d'un bouffon - « capitalisme », ça marche bien, aussi - tout le monde sait que le capitalisme, ça n'existe plus. Il fallait voir la tête des invités - il y avait Bernard Kouchner parmi eux.

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Tous à se bidonner plus ou moins ouvertement, à échanger des regards entendus, avec des petits sourires condescendants, l'air de dire : « colonialistes », voyons, des gens comme nous, éminemment raisonnables et éclairés, qui travaillent d'arrache-pied au bien de l'humanité, mais c'est ridicule. Bien sûr, les colonisateurs d'autrefois étaient eux aussi persuadés d'être raisonnables et éclairés, et de travailler d'arrache-pied au bien de l'humanité, mais bon, nous, ce n'est pas pareil, on est plus malins que nos ancêtres. Voilà.

C'est terrifiant de constater à quel point on s'est décomplexés, en quelques années, sur le chapitre de l'histoire coloniale. On recommence à être intimement persuadé de la supériorité de l'Occident, de son innocence vertueuse, de sa mission civilisatrice. George Bush déclare que l'Amérique ne cherche qu'à aider les partisans de la démocratie et de la liberté partout dans le monde, et quand on a vu ce qu'il met sous ces mots, on se dit qu'il va bientôt réussir à faire adorer la dictature et l'esclavage à la terre entière.

En France, il y a deux ans, on avait vu quelques députés, parmi lesquels Philippe Douste-Blazy, déposer un projet de loi visant à faire reconnaître, je cite, « l'œuvre positive de l'ensemble de nos concitoyens qui ont vécu en Algérie pendant la période de la présence française ». L'opposition ne s'est pas beaucoup émue. Par contre, ça a fait s'étrangler Olivier Le Cour Grandmaison, auteur d'un livre sur l'occupation de l'Algérie au titre éloquent, Coloniser. Exterminer, paru chez Fayard.

Il y explique que la conquête de l'Algérie, jalonnée de massacres et de spoliations, a été le laboratoire de concepts comme ceux de « races inférieures », de « vie sans valeur » et d'« espace vital », qui étaient promis à l'avenir que l'on sait. Il rappelle aussi que c'est en Algérie qu'on a inventé l'internement administratif, avant de l'importer en métropole dans les années trente, et de l'appliquer aux étrangers, aux communistes, puis aux juifs sous Vichy. En février, il a publié une tribune dans Le Monde pour faire remarquer qu'on avait raison d'être vigilants sur les tentatives de réviser l'histoire de l'Occupation, mais qu'on aurait intérêt à l'être tout autant pour refuser ce qu'il appelle le « révisionnisme colonial ».

Dans les milieux de la gauche caviar et du consensus bon teint, on est un peu plus modéré qu'à droite. On se contente de considérer que le colonialisme, c'est réglé, c'est du passé, et un passé qui n'a plus aucune influence sur notre présent. C'est-à-dire que, par exemple, l'histoire des femmes algériennes qu'on forçait à retirer leur voile pendant la guerre d'Algérie, avec pour résultat qu'elles étaient de plus en plus nombreuses à se voiler, parce qu'elles ne voulaient pas qu'on dise que la femme algérienne se libérait grâce à De Gaulle, eh bien, ça n'a aucun rapport avec les récentes polémiques sur le voile à l'école.

Et si vous prétendez le contraire, ça veut dire que vous voulez enfermer les descendants de colonisés dans une identité de victimes - c'est étonnant comme on refuse toujours de reconnaître le statut de victimes aux gens qui en auraient justement besoin pour pouvoir un jour le dépasser.

Si vous croyez qu'on ne se débarrasse pas aussi facilement, quand on est un Occidental, de ce que l'historienne Sophie Bessis appelle « l'esprit spontané de domination », on vous dit aussi que vous êtes masochiste, que vous aimez vous autoflageller. C'est drôle, mais moi, j'ai plutôt l'impression que le vrai masochisme, ce serait de prendre le risque de ressembler un jour à la petite assemblée bouffie de bonne conscience et de suffisance que j'ai aperçue à la télévision ce soir-là.

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# Posté le jeudi 26 janvier 2006 12:59

Modifié le mardi 18 avril 2006 16:51

trahison ( ter ou bis ?)

trahison ( ter ou bis ?)
Etrange quand meme ce qui m'arrive la...Parfois je me demande si j'ai une tete a etre trahi.
Chaque situation, journée, moment se traduit en trahison.
L'ami qui me saque derriere mon dos à mon ex copine.
Les gens que j'aide mais qui de leur coté me trahisse nue fois que je les ais aidé.
La copine qui se laisse peloter et flirte devant moi avec le copain d'une autre amie que j'ai aidé.
Au bout du compte je me demande si on ne fait pazs avoir quand on a de bons sentiments.
J'ai cette intuition étrange que toute ma vie sera emprunt de trahison d'autres vis a vis de moi.
A la longue je ne vais plus aider quique ce soit.C'est le médicament miracle pour toutes les mysanthropies possibles.
Pourquoi aider ceux qui me trahiront un jour?
Dommage, j'avais réellement envi de faire du bien autour de moi.....
Dommage car j'aime tellement le faire avec engagement, de tout mon coeur....
Dommage que cela se termine constemment comme ca.
Perle de larme qui dechire goute a goute mon ame......

# Posté le mercredi 04 janvier 2006 09:00

Modifié le mercredi 04 janvier 2006 17:41

le racisme dans les hopitaux

le racisme dans les hopitaux
Un article interesant sur le racisme dans les hopitaux

http://aviciel2.free.fr/site/article.php3?id_article=42&var_mode=calcul

Le racisme a-t-il cours dans les études médicales ou dans le monde médical.

Cet article est une réponse aux jeune homme dans le forum remede.org du Docteur Bertrand qui voulait savoir si dans le monde médical le racisme avait cours

Bonjour

Oui , le racisme a cour dans les études médicales ou dans le monde médical dans les mêmes proportions que dans le restant de la société

Car effectivement, Nier l'existence de quelque chose, (le racisme anti noir et anti arabe dans ce pays ), c'est en définitif ne pas s'en occuper ;

Il y a certaines manifestations extérieures dans le monde médical qui ne trompent pas :

1_dans les hôpitaux ou certaines cliniques, il y a des « soutiers » qui travaillent la nuit , font les gardes ou qui tiennent les postes les plus difficiles, se sont dans une proportion beaucoup plus élevées que dans la population médicale générale des noirs ou des arabes, et pas toujours seulement à diplôme étranger : et quand ils le sont, ils sont encore plus vulnérables. Il suffit d'avoir été malade la nuit, ou d'avoir été hospitalisé pour s'en rendre compte. C'est la première vitesse de la médecine.

À l'autre bout de la chaîne vous avez la deuxième vitesse , il y a ceux qui récoltent les fruits de la médecine des fois dans le libéral et l'ultralibéral et leur proportion est ethniquement tout à fait différente. Au milieu il y a le marais moyen des conventionnés, de « souches » en majorité.

Évidemment il y a des exceptions avec des noirs ou des arabes, qui arrivent à traverser le système vers la deuxième vitesse ; mais les proportions sont là et vos yeux sont vos statistiques, puisqu'en France contrairement aux pays anglo-saxons on ne peut pas décompter les personnes selon leur couleur, leur origine, ou leur religion depuis Vichy. Ce qui empêche théoriquement de les persécuter mais paradoxalement empêche de comptabiliser dans quelle proportion à compétence égale ils sont sujets à la discrimination

2_au niveau des études, en PCEM1, et lors de toutes les épreuves écrites anonymes il n'y a normalement pas de problème, ceux qui arrivent au concours conservent leur chances quelque soient leurs origines. Mais au cours du cursus de médecine il y a énormément de stages ou le racisme et l'ostracisme retrouve la même proportion et intensité que dans la société française en général

3_au niveau du monde médical informatique, mon site AVICIEL , a été ostracisé par l'autoproclamé « listeur » des logiciels sharewares médicaux du MASEF sous des prétextes fallacieux alors qu'à longueur de page sont référencés des logiciels minuscules et de promotion entre potes « bien de chez nous » ; de même que le fameux site du Dr Aly ABBARA, et d'autre encores . C'est de l'ostracisme sournois et ordinaire difficile à prouver et à caractériser.

4_au niveau de l'exercice quotidien d'un médecin lorsqu'il est installé à son propre compte ; la population en général se comporte vis-à-vis de lui et a recours à lui dans les mêmes proportions et de la même façon qu'elle peut avoir recours à l'épicier arabe dans les rues de Paris, où vers un restaurateur d'origine étrangère qui vend du chaouarma ; au moins lors de la première consultation mais ensuite la relation se nouant les patients ne font plus la différence, et la relation médicale, la plupart du temps, prend le dessus.

Conclusion : le but de tout cela, ce n'est pas que les blancs ou Français de souche soient méchants envers les noirs ou les Arabes, c'est que de tout temps les hommes pour des fins de division de travail et d'exploitation des uns par les autres se sont catégorisés les uns, les autres. Les nobles et les cerfs, les patrons et les ouvriers, les blancs et les noirs, la catégorisation religieuse. En ce moment la catégorisation religieuse, ethnique, de couleur de peau, avec la mondialisation a le vent en poupe. Au niveau mondial la guerre contre le « rouge » ( l'ouvrier ou le communiste) a cédé le pas à la guerre contre le noir ou le musulman / arabe , avec en ligne de mire le « jaune » (chinois )

Et les enfants des catégories discriminées en question n'échappent pas à la règle, il y a un ascenseur social mais à l'intérieur de chaque catégorie, il n'y a pas d'ascenseur social entre les catégories : pour sauter d'une catégorie à l'autre il faut beaucoup d'efforts et « prendre l'escalier » comme dit un entrepreneur d'origine marocaine de mantes la jolie
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# Posté le dimanche 11 décembre 2005 02:53

Modifié le samedi 17 décembre 2005 07:04